Elle est une des premieres paires de bras à m'avoir bercée & une des premieres personnes que mes yeux ont vu. Elle m'accompagne depuis maintenant 18 ans & demi, & me suivra encore longtemps. C'est la porte en face de la mienne au fond du couloir, je suis la droite, elle est la gauche. Aujourd'hui un seul couloir à traverser pour aller fermer sa porte quand elle met la télé trop forte alors que je suis couchée, un seul couloir à traverser pour qu'elle rale car j'écoute la radio trop forte, un seul couloir à traverser pour aller lui rendre son linge que ma mere m'a refilé, un seul couloir à traverser pour se gueuler dessus... Mais aussi un seul couloir à traverser pour aller vers elle, pleurer dans ses bras, pour qu'elle me réconforte, pour qu'elle soit juste la. C'était ce couloir que je traversais quand tard le soir, je venais de faire un cauchemard, pour qu'elle me réconforte & qu'elle m'aide à me rendormir. C'est surement les derniers mois de tout ca. Tu seras peut etre bientot à des dizaines & dizaines de kilometres. Alors se sera fini les instants de délires à faire "Gnheu?" avec des tetes de délurées, j'entendrais plus tes doigts tapoter continuellement sur ton pc, ni ta télé, ni la wii, ni ta radio, ni entendre "Oh ya jason qui m'appele", plus rien. Un calme plat, aussi plat que dans mon coeur. Papa & Maman ne nous entendront plus nous gueuler dessus, se sera finit les plans machiaveliques de Mcdo contre la volonté de maman. On ne pourra plus nous confondre au téléphone & maman ne demandera plus à qui sont ces chaussettes. Alors comme quand j'étais petite & que tu ne mangeais pas à la maison, je mettrais un nounours à ta place à table, pour qu'il y ait une petite présence de Ninie dans cet appart qui va me paraitre si vide sans toi. Tu pourras plus me piquer mes paquets de gateaux avec lesquels je déjeune, & je ne trouverai plus ton regard dans la miroir à la danse. Je ne ralerai plus en rentrant de la fac, parce que t'as encore pas bougé de ton pc & que tu es toujours en pyjama, & je ne pourrai plus te piquer tes fringues. Je ne pourrais plus te dire de mettre des talons pour aller en boite, & tu ne pourras plus me dire que ca fait joli comme je suis habillée. Je n'aurai plus tes bras pour me remonter le moral apres une sale note & tu ne pourras plus me raconter 20 fois la meme chose. Je n'entendrais plus ton placard grincer & tu n'entendras plus ma fenetre taper. Ce n'est plus toi qui me verra en premier les lendemains de boite, & qui me dira "Alors combien hier soir?".
Alors puisque je n'ai pas le choix, je me contenterai de ces appels, de ces photos, de ces conversations msn, de ces petits Week-end & de ces vacances ( comme Noel ). & je passerai devant cette chambre, ce calme plat, cette atmosphere froide, jusqu'a ce que tu reviennes y mettre un peu de chaleur..